Médecine esthétique

Consultation anti-âge

Par où commencer une démarche de rajeunissement ? Erreurs, condition physique, médecine esthétique, chirurgie. A qui se confier ?

Les personnes qui me consultent pour initier une démarche de rajeunissement sont souvent un peu perdues et ne savent pas par où commencer. Certaines pensent pouvoir faire appel aux techniques les plus sophistiquées sans avoir à changer en rien une hygiène de vie manifestement déficiente. D’autres pensent qu’un seul aliment à prendre ou à éviter, voire une crème, sera la panacée contre les rides. D’autres encore, pensent que c’est une activité sportive pratiquée à outrance et notamment le cardio-training qui va tout changer. Enfin, certaines pensent que l’on est prisonnier de ses gènes, de la pollution, du stress, des politiques de santé, de la fatalité ou de ses revenus, et donc que l’on ne peut pas faire grand-chose, si ce ne n’est de donner le change à l’aide de la médecine ou de la chirurgie esthétique. Peu de personnes savent que les techniques de médecine ou de chirurgie esthétique peuvent avoir un effet anti-âge indirect par les effets neuropsychologiques qu’elles induisent. Et encore moins de personnes imaginent que certaines techniques modernes peuvent avoir un effet anti-âge biologique direct.

La démarche anti-âge

Si l’on souhaite juste effacer ponctuellement une ride disgracieuse ou entrer dans la norme en ayant eu son lifting, il n’est pas nécessaire de prendre la peine de lire ce livre. Il existe de très nombreux médecins ou chirurgiens esthétiques compétents qui pourront répondre à cette demande sans délai et à peu de frais. En revanche, si l’on souhaite entreprendre une démarche globale, il convient de prendre un peu de temps pour définir une stratégie. Elle comprendra deux axes, l’une concernera l’état de santé, l’autre les interventions sur l’apparence. Selon son tempérament, on privilégiera les unes ou les autres, mais il ne faut pas perdre de vue que les deux sont liées. Un bon état de santé général aura des répercussions sur le teint, les cernes, la chevelure, le sourire, le port de tête. Réciproquement, une belle apparence, aura une influence positive sur l’état de santé via la confiance en soi, l’estime de soi, le désir au sens large, la libido, la soif de vivre, la sérénité…

Le lecteur qui souhaite s’engager dans une démarche anti-âge trouvera dans ce livre de nombreux conseils profitables, mais comme dans tous les domaines, on va toujours plus vite et plus loin si on est guidé par un spécialiste en chair et en os. En l’occurrence, il en faudra peut-être deux, l’un orienté sur la prévention, l’autre sur l’apparence.

L’état de santé

Concernant l’état de santé, il faut faire appel à un médecin ayant un réel intérêt pour la médecine préventive et capable de détecter les signaux faibles de dysfonctionnements. En théorie, tous les médecins sont formés et compétents, mais dans la pratique, pour de multiples raisons dont les politiques de santé, la plupart privilégient la pathologie, c’est-à-dire le traitement des maladies. Or la médecine anti-âge prétend agir en amont de la maladie, c’est-à-dire avant l’accident cardiaque, avant le cancer, avant le diabète, avant l’infection, etc. Par exemple dans la maladie d’Alzheimer, à l’échelle cellulaire, les manifestations biologiques apparaissent bien avant le diagnostic clinique, parfois 20 ans auparavant. Le but est de cibler le vieillissement et non les multiples maladies. Au fur et à mesure de notre vieillissement notre risque de contracter des maladies s’accroit. Les spécialistes du vieillissement peuvent relever de disciplines très variées : endocrinologues, nutritionnistes, gérontologues, internistes, etc. Ils doivent bien sûr dominer la pathologie. Il serait absurde de former des médecins de la longévité qui prescriraient des compléments alimentaires et des régimes tout en laissant évoluer un cancer ou une tuberculose. Mais ils ont en outre des connaissances assez approfondies en physiologie, c’est-à-dire sur le rôle, le fonctionnement et l’organisation mécanique, physique et biochimique de l’homme en bonne santé. Ils connaissent les modifications physiologiques qui interviennent avant le stade de la maladie. A force de soigner des malades, on peut en arriver à mieux connaître l’organisme malade que l’organisme sain. La bonne santé devient un diagnostic d’élimination sans percevoir que cet état comprend des degrés. De la même façon que l’on peut être plus ou moins malade, on peut être plus ou moins en bonne santé. Dans le langage courant, il nous arrive à tous de dire que nous sommes très en forme, pas en forme, plus ou moins en forme, alors que nous ne sommes pas malades. Il y a un continuum entre tous ces états de santé qui ont en commun d’être tous affectés par le vieillissement jusqu’à la maladie accidentelle.

Quel praticien pour une consultation anti-âge ?

Le médecin de l’apparence est idéalement un chirurgien plasticien puisqu’il est supposé dominer aussi bien la chirurgie que la médecine esthétique. Un chirurgien maxillo-facial ou un chirurgien plasticien de la face aura l’avantage d’être plus pointu sur les aspects concernant le visage, mais il faudra qu’il ait un intérêt pour la chirurgie plastique générale afin de pouvoir orienter le patient, si besoin est. Un médecin esthétique aura l’avantage d’être plus spécialisé sur les très nombreuses techniques mini-invasives, mais il faut qu’il soit bien renseigné sur ce qui peut être obtenu ou pas par la chirurgie. Certaines modifications ne peuvent pas être obtenues par la médecine esthétique exclusivement. Ainsi, ce spécialiste de l’apparence, pourra être pointu dans certains domaines, mais devra avoir des connaissances larges sur les domaines d’intervention possibles. Il doit en outre avoir des bases solides en médecine de la longévité. Nous l’avons déjà dit, les deux sont liés.

Le diagnostic anti-âge

La première étape sera comme toujours en médecine, le diagnostic. En l’occurrence, il s’agit d’un diagnostic initial qui servira de référence pour un suivi qui par définition durera toute la vie. Nos organes, nos tissus, nos systèmes ne vieillissant pas tous à la même vitesse, l’examen de l’âge d’une personne fera appel à des investigations très diverses et très approfondies. Certes, on a l’âge de ses artères, mais on a aussi l’âge de ses glandes hormonales, de ses muscles, de ses os, de sa peau, de son cerveau, de sa composition corporelle, de ses télomères, etc. Il est extrêmement rare que tous ces âges soient parfaitement corrélés entre eux et synchrones avec l’âge chronologique. L’âge physiologique est la résultante de la fonction rénale, hépatique, immunitaire, parodontale (gencives), du taux de cholestérol, de la forme cardio-vasculaire, de la longueur des télomères, etc. Il importe ensuite de calculer un rythme de vieillissement, de le ralentir par des interventions voire de l’inverser pour certains paramètres. Certaines personnes non-malades peuvent avoir par exemple un âge chronologique de 36 ans, mais un âge biologique de 38 ans avec un rythme de vieillissement de 1,2 an par an. Avant même de développer des maladies, ces personnes montrent un rythme de vieillissement qui est trop rapide.

Il s’agit tout d’abord de réaliser un examen clinique du patient. Souvent, les patients sont préoccupés par leur apparence. Ils ont raison. Une importante étude publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences a suivi pendant 12 ans la santé d’un millier de Néo-Zélandais. Ils ont présenté les photos des participants à un groupe de personnes en leur demandant leur âge. Alors que tous les participants avaient 38 ans, ceux biologiquement plus âgés ont systématiquement été donnés comme plus âgés. Pour celui qui sait lire le corps, l’aspect extérieur donne de très nombreuses indications sur l’état de santé global. En médecine anti-âge, cet examen physique orienté sur tous les signaux faibles du vieillissement peut être beaucoup plus détaillé qu’en pathologie où l’on va être orienté d’emblée par les symptômes. La qualité de la peau, sa couleur, son épaisseur, son élasticité, son hydratation, ses pores, ses vaisseaux, ses annexes (poils, cheveux) revêtent une importance cruciale. Les compartiments graisseux de la face, leur atrophie au niveau des tempes, leur déplacement au niveau des pommettes, leur segmentation au niveau des cernes, ne sont que quelques exemples de la centaine d’items que le spécialiste va coter. La statique générale, la démarche, l’équilibre sont également des éléments importants qui dénotent l’âge d’une personne et sont forcément en relation avec son âge physiologique. Je suis encore surpris de ce que j’arrive à pouvoir dire d’une personne sans même avoir échangé un mot avec elle, juste en l’ayant observée quelques instants. Je suis un technophile convaincu et assumé, adepte des IRM et autres scanners, mais ce que l’on peut inférer du simple examen visuel, parfois de manière inconsciente, n’a jamais cessé de m’étonner.

Néanmoins, en fonction des objectifs fixés, un certain nombre d’examens complémentaires peuvent être utiles. Comme il s’agit d’être en amont de la maladie, on conçoit aisément que ces examens devront être plus pointus et être interprétés en fonction des normes correspondant à des hommes et des femmes plus jeunes. Par exemple, la mesure de la composition corporelle, c’est-à-dire le pourcentage et la répartition de nos graisses, est un indicateur intéressant en médecine préventive. Il a tendance à se dégrader avec l’âge et donne des informations sur le risque cardio-vasculaire et même de cancer. Cet examen n’a pas ou peu d’intérêt en pathologie. L’évaluation de la rigidité artérielle par la mesure de la vitesse de l’onde de pouls peut être intéressante pour la détection précoce des personnes à risque d’hypertension artérielle. Sur le plan des analyses biologiques, on sera davantage intéressé par la mesure de l’hémoglobine glyquée qui est le reflet de l’équilibre glycémique des trois derniers mois, que par un dépistage du diabète à l’aide d’une glycémie à jeun. La mesure de l’indice télomérique donne des indications sur le vieillissement d’une personne et ses capacités à résister à un certain nombre d’agressions. On ne demande pas cet examen en pathologie. Ces explorations peuvent être conduites organe par organe ou plutôt système par système.

Ensuite, en fonction du diagnostic réalisé, il faut savoir hiérarchiser les points sur lesquels intervenir. Par exemple, ça n’a pas de sens de proposer des compléments alimentaires pointus, si par ailleurs le patient est obèse, fumeur et sédentaire. Une hygiène de vie élémentaire reste le socle des programmes anti-âge, y compris des plus ambitieux. Il est essentiel de viser un poids adéquat, de supprimer les addictions (tabac et alcool), de se ménager un environnement le moins stressant possible, d’éviter de se retrouver en dette de sommeil chronique, de réaliser les examens de dépistage basiques et d’accepter les programmes de vaccination. Ils ont fait leurs preuves. Tous ces points seront développés au chapitre suivant. La réalisation de ces objectifs permet d’obtenir au moins 50% du résultat avec des efforts modérés et une dépense financière modeste. On objectera que le contrôle du poids demande des efforts de volonté considérables. On verra qu’avec des conseils simples, on peut contrôler son poids sans régime contraignant et sans efforts et au contraire découvrir un plaisir de manger que l’on ne soupçonnait pas. Ceux qui ont réussi à traverser des décennies malgré le handicap de ces mauvaises habitudes seront surpris de se sentir autant redynamisés par le seul fait de s’en séparer. Imaginez un cheval qui parvient à finir toutes ses courses malgré un handicap de 20 kg, le jour où vous les lui retirez, il gagne sans forcer.

Concernant les apparences, il faut sortir du dogme qu’elles n’ont rien à voir avec l’état de santé. Non seulement elles renseignent sur l’état de santé, mais en plus elles peuvent avoir une influence sur l’état de santé. Dans l’organisme humain, tout est en relation avec influences réciproques multiples et à tous les étages. Ainsi l’hypothèse selon laquelle, l’amélioration de l’image corporelle pourrait avoir une incidence sur l’estime de soi, la confiance en soi, un certain nombre d’autres variables neuropsychiques en particulier puis biologiques en général et en définitive l’état de santé général est loin d’être saugrenue. Par ailleurs, certaines techniques de médecine esthétique, comme l’injection d’acide hyaluronique par exemple, ont démontré un impact direct local sur la synthèse de collagène, l’hydratation de la peau ou son élasticité (voir chapitre 4.3.1).

De la même façon qu’en sport, une augmentation de la force musculaire facilite la réalisation de gestes de précision, chaque facteur sur lequel on va intervenir aura une répercussion positive sur les autres y compris des facteurs pouvant sembler très éloignés les uns des autres, tel l’index de masse corporelle et la taille des télomères par exemple. Dans cet ordre d’idées, les facteurs psychiques ne sont pas à négliger. De la même façon qu’il a pu être montré qu’une supplémentation hormonale chez une personne déficitaire va rééquilibrer son humeur, réciproquement une humeur joyeuse et optimiste aura des répercussions positives sur les sécrétions hormonales. Bien entendu, il faut être prudent et ne pas tomber dans le « tout psychique » qui a pu conduire à laisser évoluer des maladies graves sous prétexte que seule la cure psychanalytique était nécessaire. Je précise que je n’ai rien contre la psychanalyse, bien au contraire. Ma thèse est qu’il faut agir sur tous les facteurs y compris l’état d’esprit et que certaines pensées ont un effet moléculairement toxique (pas uniquement d’un point de vue moral mais au sens propre). Parmi les sentiments que l’on éprouve vis à vis des autres, seuls trois devraient avoir droit de cité dans notre cerveau : l’amour, l’admiration et l’empathie. Tous les autres et notamment la jalousie, l’envie, la colère, le ressentiment, la peur, ont un effet toxique sur l’organisme. Si on se le propose à soi-même, ce changement d’état d’esprit n’est pas si difficile que ça à obtenir, nous donnerons quelques conseils pour y arriver chapitres 2.4.0 et 3.5.0.

Tous les facteurs interagissent les uns avec les autres, c’est aussi vrai au niveau cellulaire. On a longtemps pensé que la vérité du vieillissement cellulaire se situait dans le noyau. Actuellement, de plus en plus de recherches mettent le focus sur la mitochondrie, un organite cellulaire, usine énergétique de la cellule. Certes, en agissant sur un site de la cellule (noyau, membrane, mitochondrie, etc.), on obtiendra des effets positifs ou négatifs sur l’ensemble de la cellule, mais l’idéal reste d’agir positivement sur l’ensemble des cibles. Réciproquement, l’action au niveau macro y compris sur les modes de pensées aura aussi un effet au niveau micro. Cette pensée est résumée dans cette formule alchimique attribuée à Hermès Trismégiste « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».
Belsky DW et al. Quantification of biological aging in young adults. Proc Natl Acad Sci U S A. 2015;112:E4104-10.

Hermès Trismégiste (en grec ancien Ἑρμῆς ὁ Τρισμέγιστος / Hermễs ho Trismégistos) est un personnage mythique de l’Antiquité gréco-égyptienne, auquel a été attribué un ensemble de textes appelés Hermetica, dont les plus connus sont le Corpus Hermeticum, recueil de traités mystico-philosophiques, et la Table d’émeraude.

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